A la base, le jeu se voulait bon enfant, rigolo, libre de toute violence verbale. Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est raté. Le but de #UnBonJuif est d’inviter les usagers souhaitant s’exprimer sur ce qu’ici, il est très légitime d’appeler « la question juive » – vous allez vite comprendre pourquoi –, à s’exprimer librement sur Twitter. A l’aide du hashtag mentionné, décrivez ce qu’est un bon Juif dans la joie et dans l’humour. Ce qui ne devait être que de gentilles taquineries façon La Vérité si je Mens s’est rapidement transformé en catilinaires qu’un Himmler n’aurait pas reniées.

Prônant un humour sans limite, ne rechignant pas à quelques boutades sur les différences communautaires, l’un des instigateurs du jeu, portant sous Twitter le doux sobriquet d’ »EternelEnculé« , entame les hostilités le 10 octobre 2012, avec le tweet suivant : « #UnBonJuif ? » Succès immédiat : si de nombreux utilisateurs de Twitter reprochent au concours ses fondements mêmes, certains se prennent au jeu : « #UnBonJuif c’est un dur à cuire lol ^___^ » [sic pour le lol et le smiley] ou « #UnBonJuif est un juif mort » pour les plus parlants, « #UnBonJuif » suivi de la photo d’une main éparpillant des cendres pour les plus imagés.

 

Les enfants bâtards de la « génération Dieudonné »

Le site jewpop.com, qualifiant cet événement de progéniture logique de la « génération Dieudonné« , regrette un antisémitisme dissimulé derrière un supposé humour. De leur côté, les sympathisants du hashtag dénoncent l’intolérance de ses détracteurs et revendiquent le droit à l’humour et à l’expression libre. Exemples : « Le hashtag #UnBonJuif n’est pas antisémite ayez un peu d’humour, ils vous charrient gentiment » ou bien « Vous pleurez pour #UnBonJuif ? Et la liberté d’expression que vous aimez tant elle existe plus la ? » ponctué d’un inhospitalier « Bande de fdp » [« fils de putes », ndr].

 

Le même jour surgissait en écho les hashtag #UnBonMusulman et #UnBonRaciste. Le succès fut plus modeste. Jonathan Hayoun, président de l’Union des Etudiants Juifs de France, a demandé à Twitter France de s’assurer que les tweets à portée haineuse et raciste soient censurés. L’association SOS Racisme s’est quant à elle déclarée « profondément choquée » par l’affaire.

 

Aucune poursuite en France à ce jour

Pour information, nul n’a jamais été poursuivi dans l’Hexagone pour des tweets racistes : la chose est moins vraie dans d’autres pays. L’UEJF a depuis annoncé être parvenue à un accord avec le site de micro-blogging pour obtenir le retrait de ces tweets.

 

Allez, comme le dirait @agilbert_fr, « #UnBonJuif c’est celui qui fait des bisous à #UnBonMusulman« .

Catégories : Twitter

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