Diaspora, vous en souvient-il ? Si vous bloquez : c’est un réseau social lancé en 2010, présenté à l’origine comme l’alternative majeure à Facebook et promettant la confidentialité des données des usagers. Il y a quelque jours, ses créateurs, d’anciens étudiants de l’Université de New York, ont choisi de partager leur pouvoir de décision avec les usagers du site.

Ces responsables évoquent un processus graduel, afin que la communauté soit gouvernée par elle-même, exclusivement. Ils confient vouloir toujours participer au développement du site, mais de manière mineure. Alors, beau geste pour la démocratisation du web social ou constat d’échec ?

 

Des changements dans la prise de décision chez Diaspora

La modification majeure occasionnée par un tel choix, selon Fabrice Epelboin, spécialiste du web social, est la manière dont les décisions vont être prises dans la gestion de Diaspora. Rappelons que Diaspora est un réseau social décentralisé, idéal pour gérer au mieux le degré de confidentialité de son compte. En effet, aucune donnée personnelle n’est transmise au développeur – cela n’est pas le cas chez Facebook.

 

Il était pourtant là, le Messie anti-Facebook

Dès sa création, Diaspora avait attiré les curieux et petits malins (presse spécialisée comprise) qui avaient cru voir en lui LE concurrent numéro un du déjà fort puissant Facebook. Le contexte était idéal : le site de Mark Zuckerberg commençait à goûter au courroux des usagers quant à son ingérence croissante dans la vie privée des inscrits.

 

Après une jolie ascension et le départ de deux des quatre membres fondateurs, la paire restante a manifesté son désir de laisser les clefs de la maison Diaspora à sa communauté, et de se consacrer à un autre site, makr.io, un nouveau réseau social de partage d’images lancé en août dernier sur le modèle de Pinterest.

 

Pas si grave… mais quand même.

Selon Fabrice Epelboin, ce n’est pas l’absence ou non des fondateurs de Diaspora qui définira l’échec ou non du projet – la quintessence même de Diaspora est justement que c’est déjà un logiciel libre. Le spécialiste est optimiste, songeant au futur et au fait que dans quelques années, un système semblable à Diaspora sera primordial pour communiquer entre êtres humains en toute liberté sans dépendre d’un système centralisé comme Facebook.

 

Une réaction à prévoir toutefois : les répercussions en matière de communication. Ce retrait des concepteurs du site pourrait diminuer la visibilité médiatique de Diaspora, lorsque l’on sait que la majorité des grandes entreprises du secteur sont dominées et symbolisées par des personnalités qui, à défaut d’être charismatiques, sont connues du grand public.

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