La censure chinoise a une nouvelle fois fait couler l’encre mercredi dernier en bannissant de plusieurs moteurs de recherche sur Internet un mot : « sosie« . La raison d’une telle proscription : tenter de faire taire certaines rumeurs affirmant que la très médiatisée Gu Kailai (femme d’affaires chinoise condamnée à la peine de mort avec sursis pour avoir assassiné un businessman britannique) était représentée pendant son procès par une femme lui ressemblant comme deux gouttes d’eau.

La télévision d’Etat chinoise a montré plusieurs images de Gu Kailai acceptant sa condamnation avec docilité. Les rumeurs sont nées lorsque la « même » femme, également auteur à succès, a été vue avec un visage bouffi et des kilos en trop quelques heures plus tard. Une étrange transformation opérée en bien peu de temps…

 

Qui c’est qu’a commencé ?

C’est à quelques internautes que l’on doit la propagation de cette rumeur, internautes frustrés car persuadés que la femme ne serait jamais exécutée, pour la raison qu’elle bénéficierait d’un traitement de faveur grâce à son époux (Bo Xilai, ancien membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois). La réaction des autorités fut somme toute très habituelle : censurer purement et simplement ces rumeurs avant qu’elles n’enflent.

 

Une censure sur le qui-vive

Dans ce procès hautement médiatisé, Pékin a fait son maximum pour freiner l’incidence de l’affaire sur l’opinion du peuple. La Chine, qui se serait allègrement passé de cette affaire, montre quelques signes de fébrilité quelques mois avant le début du prochain Congrès national du Parti communiste chinois – y aura lieu la première transition politique depuis l’avènement des médias sociaux. À suivre avec beaucoup d’attention.

 

En attendant, plaignons nos amis chinois qui, par la proscription du mot « sosie » sur leur Toile, se voient privés d’une source intarissable d’amusement entre amis et devront faire preuve d’inventivité pure pour trouver mieux que les couples Tom Waits et Ron Perlman ou Joe Hart et James Van Der Beek.

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