LinkedIn a rendu publique une étude conduite plusieurs années durant sur la nature des contacts les plus aptes à aider à trouver un emploi.

Une vaste expérimentation sociale sur LinkedIn au nez et à la barbe des usagers

La grosse boulette, c’est que le réseau social professionnel a omis de prévenir ses utilisateurs.

La force des liens faibles testée grandeur nature

🤝​ Le 15 septembre 2022, une équipe de chercheurs affiliés à LinkedIn a publié dans le prestigieux magazine américain Science, un article titré A causal test of the strength of weak ties. L’objectif de cette étude interne ? Vérifier si une théorie sociologique vieille de près d’un demi-siècle se vérifie dans le cadre du célèbre réseau social professionnel.

Énoncée par le sociologue Mark Granovetter, cette théorie dite de « la force des liens faibles » (ou strenght of weak ties en version originale) édicte, en substance, la règle suivante :

Vous aurez plus d’opportunités d’évoluer dans votre vie grâce à des gens que vous connaissez un peu moins bien que vos proches.

Autrement dit, pour réussir, comptez plutôt sur les personnes que vous connaissez mais qui ne sont ni des membres de votre famille, ni des ami·es proches.

Cinq années d’étude menées sans l’aval des cobayes

🤫​ Pour checker si la règle se vérifiait sur LinkedIn, les chercheurs ont tripatouillé l’algorithme du réseau social qui vous recommande d’ajouter des personnes que vous connaissez peut-être. Cinq ans durant, ils ont manipulé liens forts et liens faibles jusqu’à arriver à la conclusion suivante : on a globalement deux fois plus de chances d’avoir de nouvelles opportunités d’emploi via un lien faible.

Mais si l’étude fait grincer des dents depuis la publication de ses conclusions, c’est que les utilisateurs de LinkedIn n’ont pas été prévenus qu’ils participaient à une vaste étude sociologique – et que, la fin justifiant les moyens, cette étude impactait les suggestions faites auxdits utilisateurs. Illégal ? Non. Problématique ? Sans doute, puisque comme le résume Julien Baldacchino pour France Inter, « il y a désormais des soupçons sur le fait que ces changements d’algorithme aient induit un biais et favorisé certains utilisateurs par rapport aux autres ».

Catégories : LinkedIn

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